Monumental

J’ai envie de vous dévorer

Laissez-moi vous dévorer

De toutes les façons je vous dévorerai

J’ai vu ce con de Poséidon

Il se baladait après minuit

Il déambulait entre les arcades de la Place des Vosges

Il ne m’a même pas remarqué

Pourtant je le suivais de près

Il ne s’est même pas retourné

Pourtant je n’avais rien à lui avouer

Je me suis arrêté

et je me suis souvenu

Je me suis souvenu

Que je vous ai aimé

J’ai dévoré des fragments de souvenirs

Des morceaux de vos rires

Des miettes de vos larmes

Pour vous oublier

Dévorez-moi ! Dévorez-moi encore

 

Ecrit : 28/04/08

©Bouchra Abdelkahhar

 

Les jardins de Babylone

 

Humant des parfums
Aux promesses idoines
Qui me conduisit
Jusque dans ces jardins
Jusque-là inconnus
Saoule et titubante
J’y dansais
Les mains chargées d’eau
Que je portais à ses lèvres
Dans l’ivresse je lui livrai
Des senteurs épicées
Et puis plus rien
Je n’irai jamais voir Syracuse

©Bouchra Abdelkahhar
Ecrit le 21/06/17

 

La poésie est un sport de combat….mais bon

La poésie est un sport de combat
Qui exige un entrainement constant
Fractionnés
Course à pieds
Portée finit en Ré
Je sais je sais
A peu près tout
Ou presque
Peut-être
Peut-être
Peut-être
Qu’il pense à moi
Ou pas
Mais bon….

©Bouchra Abdelkahhar
18/06/17

DADA

 

Mon amour
Ma vague résolue
J’ai la moitié de ton cœur
Tu m’en as donné un peu
Alors je le garde précieusement
J’y jette un coup d’œil de temps en temps
Ma muse, ma fleur intemporelle
Ton parfum fort et opiniâtre
Ma muse, cruelle et dolente
Mon or élégant
Au goût vénéneux et ambivalent
Tu es pour moi immortelle
Garde garde tout
Mon baiser tu l’as gagné
Et puis surtout
Va te faire foutre

Ecrit le 23/09/16
©Bouchra Abdelkahhar

L’accident

 

 

J’ai embouti ma voiture

Dans un chemin céleste
Parsemé de sentiments contrastés
Dans sa course folle
S’est encastrée
Fit vrombir le moteur
Qui n’en demandait pas temps
Fit crisser l’accélérateur
Qui n’en demandait pas tant
Et contre ce mur dédaigneux
Le bolide reprit ses esprits
Sur la mappemonde
Il y avait cette île
Loin de tout
Proche du métro Goncourt
Je reprendrai bien un verre

©Bouchra Abdelkahhar
11/06/17

La poésie est un sport de combat qui malheureusement ne vaut pas toujours le coup

 

Quand le temps s’arrête sur des riens
Quand l’horloge fait son tic-tac
Quand la pluie tombe averse
Quand la neige recouvre les boulevards
Quand la mer est bleue
Quand la boulangerie n’a plus de pain bien cuit
Quand le restaurant ne sert plus à 15h
Quand le frigo est vide
Quand mes poches sont pleines
Pleines de souvenirs futiles
Quand je ferai claquer mes talons sous les quolibets
Les quolibets de ces messieurs polissés
Quand mes doigts se dérobent sur les touches blanches du piano
Et que du coup j’ai envie de tout casser
Quand je pense à lui, quand il s’impose
Alors là je me dis que ça ne vaut vraiment pas la peine
La peine de se mettre la rate au court-bouillon !

©Bouchra Abdelkahhar
09/06/17

La poésie est un sport de combat et c’est peu de le dire

 

C’est peu de le griffonner
C’est peu de l’affirmer
C’est peu d’en user
C’est peu d’argumenter
C’est peu de le marmonner
C’est peu de le crier
Haut et fort
Avec un sémaphore
Ça marche aussi
Dans les talus
Il y a des pissenlits
Je n’aime pas les pisse-froids
Je déteste les anchois
Le mot succinct
Les calambours qui tombent à l’eau
Les beaux parleurs
Les rhéteurs
Les affirmations inutiles
Les glissements sémantiques
Et surtout
Je déteste les poètes
Et c’est peu de le dire

©Bouchra Abdelkahhar

 

Immortelle song

 

 

Lorsque j’aurai traversé

La Terre et la Mer

Lorsque j’aurai affronté

Poséidon

Lorsque j’aurai battu les ressacs

Qui provoquent des houles inutiles

Et si ce con de Poséidon revient à la charge

Alors je ferai taire son verbiage

Lorsque j’avancerai sur cette terre rougie

Par la lave céleste

Les deux poings serrés et le verbe haut

Lorsque j’accomplirai mes travaux restants

Je reviendrai vers vous

Et je porterai l’estocade

Lorsque lorsque lorsque

Tout sera fini et tout recommencera

Je te collerai mon poing sur ta petite gueule

Et nous serons quittes

Salsifis !

 

©Bouchra Abdelkahhar

31/05/17

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le glas

 

Quand sonne le glas

Un son assourdissant

Comme la tempête à Midi

Brisant au passage ce vent

Ce vent chimérique

Mystérieux et au fond

Très basique

J’ai cru boire ce fameux vin de Bohème

Ses larmes aussi fruitées

Que peuvent l’être les saisons

L’été l’Hiver

Deux années se sont écoulées

Comme une houle invincible

Et irrésistible comme l’aimant

Je compte les blessés parmi les soldats

Indemnes commotionnés la plupart

Du bruit du bruit et puis plus rien

Mise à part ce gong

Qui retentit dans ma tête

Bousculant ma torpeur

Ardente et vibrante

Je lève mon verre à la renaissance

Quitte à boire de la piquette !

 

©Bouchra Abdelkahhar

29/05/17

 

 

Vagues

 

J’ai convaincu le temps

J’ai persuadé le doute

Par intervalles

Elles arrivent et repartent

Me plongeant dans un émoi certain

J’ai intimidé la peur

J’ai fait taire le silence

J’ai soulagé ce bruit lancinant

Elles repartent à la charge

Me déshabillant au passage

De ma profonde quiétude

Tombée dans ce bain mystérieux

Je retrouve ma planche de salut

Sur laquelle je dérive

Je dérive encore un peu

 

 

©Bouchra Abdelkahhar

24/05/17

 

My King

 

 

S’il est un protocole

Ce serait celui qui

N’existe pas

S’il est une loi

Ce serait celle que l’on

N’applique pas

Si c’était ma loi elle serait sienne

Magnanime je redistribuerai

L’impôt

S’il est un vent se serait une brise

Si si la sol ré

Si j’étais un baiser

Il serait fougueux

Si c’était un chevalier

Il serait preux

Et si c’était à refaire

Alors

Plutôt deux fois qu’une

 

 

©Bouchra Abdelkahhar

22/05/17