Je ne vous aime pas

 

Vos yeux ont frôlé les miens et mon front est devenu brûlant

Mes mains molles et tombantes touchent votre peau à peine

J’ai mal

Je ne vous aime pas

Mon cœur pourtant vous appartient

Malgré moi ma voix se perd dans votre atmosphère saturée par vos éclats

J’ai crée un alphabet rien que pour vous

Que vous seule sauriez traduire

Je ne vous aime pas

Je sais où vous êtes

Je devine vos gestes même les plus routiniers

Je ne vous aime pas

L’insomnie me ronge

Morphée m’a oublié

Vous en profitez

Pour entrer

Par effraction

Dans les recoins de mes pensées

Aimez-moi encore

15/08/06 corrigé le 02/11/14

©Bouchra Abdelkahhar

 

 

La madeleine de Proust

 

Narcissique
Romantique
Un rien mélancolique
J’aime les amours platoniques
Avec des filles lunatiques
Mais je préfère les femmes mûres
Qui oublient leur ruban sur le lit défait
J’y lis leurs histoires
Et leurs vies qui passent
Comme la mienne
Je hais la joie et le temps qui passent
Je les vois toutes les deux passer d’un pas rapide
Alors que je suis assis à la terrasse chez Lipp
Narcissique romantique un rien mélancolique
J’avoue des amours chaotiques
Avec un homme au passé épique
Je suis un romantique
J’aime aussi les amours chaotiques
Écrit : 15/10/06

Avec des mots

 

Avec mes maux je crée des mots

Grâce à mon sémaphore j’évite les anaphores

Je préfère les métaphores elles sont d’or

Elles brillent au fond de ma pupille

J’aime les rimes qui rythment

C’est un jeu puéril

Mais je fais beaucoup de coquilles

Ce n’est pas un crime

Et puis il y a d’autres mots blessants comme une hache

Alors j’habille mon âme avec des mots sur mesure

Epithètes tourbillonnent dans ma tête

J’ai trouvé des attributs dans un vieux rebus

Ils s’accordent en genre et en nombre

Avec le verbe être

Il parait que c’est un verbe d’état

Ça me met dans un état

Je m’approche de moi

Pas à pas j’évite les répétitions

Pas par omission mais par obligation

J’ai découvert des lettres dans un nouvel alphabet

Je devrais déposer le brevet

©Bouchra Abdelkahhar

 

Le comte d’Anneaucourt

 

Graciles sirènes éphémères apparaissent sur la jetée

Leurs rires étouffés par les embruns

La poussière amère sur ma langue se mêle à la marée

Qui se fracasse sur les rochers

Ebloui par les rayons du Soleil

D’un rêve je pense à ces souvenirs

Idéales, parsemés et écorchés

Votre front s’imprègne dans les sillons de mes pensées

La fleur de votre âme m’a rongé chaque jour davantage

Mon cœur balloté par votre navire effronté

Le bruit du silence est plus puissant que la tempête et la douleur réunies

La mort me l’a chuchoté un jour alors que je scrutai l’horizon

A l’horizon un mistral chargé d’ondées métalliques

Ondule frise et rejoint la houle

 

©Bouchra Abdelkahhar

Le crépuscule des violons

L’eau jaillit

Du puits sans fonds

Et s’est réduit

A un simple filet

Je tourne et retourne le robinet

D’où l’eau se faufile

Par endroits

Avec fracas

Désaccords en Fa dièse

Fausse note

Je biaise

Et puis…. Larsen

©Bouchra Abdelkahhar

Ô dis

des non-dits
des cris
des silences
en cadence
sussure
murmure
chuchotte
persifle
tu ironises
tu critiques
mais expliques

tu contestes
je m’entête
des syllabes, elles claquent
dans ma tête, à tue-tête
je n’ai pas de mots
pour évoquer tes maux
débrouilles-toi, je traduirai
si tu veux
les silences, comme une danse
sans rythme
tes silences, comme le vent
s’épuisent
au fond t’as rien à dire
ça y est c’est dit !

 

©Bouchra Abdelkahhar