Sur le zinc

Parfois j’y rencontre des fantômes
Leurs dents transpirent
Et leurs mains arrogantes m’entrainent
Sur le zinc je me suis perdu
Et parfois dans les méandres je pense à toi
Et le Soleïl de briller dans mon verre
Alors là tout est possible
Je suis Dieu un preux chevalier
J’entraine avec moi une armée de damnés à l’assaut de ton cœur
Pourtant quand je reprends mes esprits tu n’es plus là
Mon verre est vide et mon cœur rétrécit écrasé par une douleur aiguë
Tu m’as quitté un mois de Janvier
Pendant l’hiver il faisait froid
Tu m’as parlé sur un ton glacial
Et là l’air est devenu irrespirable
Alors accoudé à mon zinc mon mât mon gouvernail
Je regarde le monde
Il me frôle me tape sur l’épaule
Quelle vulgarité
Je hais les familiarités
Je m’y perds encore et toujours sur mon zinc jusqu’à la dernière goutte
Je ne veux plus aimer
Mais oublier

©Bouchra Abdelkahhar