Double

 

Dans une rivière

Où le lit s’écoule

Se tord et tangue

Une fange perceptible

Se forme et s’habitue

Dans son étendue où

Dans ses eaux distantes se divise et s’amuse

A l’abri de sa boue

Coule dans une eau bienveillante

Puis  sombre et trouble

Porte à ses lèvres son vin son nectar

Fait claquer sa canne

Et entame son drôle de pas de danse

Me flatte et tour à tour

M’éclabousse de son éclat inquiétant

Enfin rejoint son double pour ne former qu’un

©Bouchra Abdelkahhar

Cala Turqueta

 

Rien qu’un regard

Dans mon sillage

Des coups d’œil ambivalents

Malveillants toujours hésitants

Et puis il y a ceux-ci

Noirs et de sel

Je livre le mien troublant

A mon corps défendant

Il a baissé ses yeux

Levé sa garde

A mon corps défendant

Son arrogance désarmante

Son allure hésitante

Noirs et de sel

Il a saupoudré autour de moi

Son énergie troublante et dangereuse

Je remonte à la surface

L’air est doux

L’eau turquoise et cristalline

Mon corps bronzé et fort

Mon esprit intact

 

© Bouchra Abdelkahhar

Océan électrique

 

J’ai effectué un périple

Dans lequel j’ai découvert

Des décors multiples

J’ai longtemps cherché

J’ai longtemps hésité

Et je l’ai trouvé cet océan

Mon océan électrique

Qui s’étire et grandit

Portée par ses vagues

Emportée par ses courants contraires

J’y nage et je n’ai rien vu de semblable

Je crois que j’ai perdu du poids

©Bouchra Abdelkahhar

Voyage intérieur

 

La porte du mur du son

Grande ouverte aspire

Pour ne retenir que l’essentiel

Ailleurs des planètes vagabondent

Nonchalamment attrapent ce qu’elles peuvent

Je me promène l’air de rien

Enivrée, attirée par ce néant

Invisible à l’œil nu

Je croise des visages

Je croise des regards

Je croise des sensations diverses

J’écoute tout ce qui vibre

Je sens tout ce qui bruit

J’ai raté ma station

©Bouchra Abdelkahhar