Jupiter

 

 

Une fausse ingénue

Rencontra sur son chemin

Un homme en piteux état

S’en approcha hésitante

Curieuse en l’état

Juché sur des talons hauts

Aussi froid que pouvait être un bonze

Il était certain de la dominer

Elle lui apprit ce qu’il ne savait pas

Vouté sous la pluie

Il conta ce qu’elle savait déjà

Et sous cette ondée de Danaé

Elle se livra comme jamais

Ignorant le danger permanent

Jupiter ressentit sa force

Jupiter s’y crut

Déversa  sa logorrhée

A une ingénue médusée

La jolie idéale l’interrompit

N’y trouvant pas son or

Lui suggéra d’autres aurores boréales

Où peut être persifla-t-elle    trouverait -il une muse

Capable de satisfaire sa vanité chancelante

 

©Bouchra Abdelkahhar

12/05/16

 

La valise

 

 

Je la vis vide

Prête à accueillir

Des prémonitions et des incantations

Prête à engloutir tout un pan de ma vie

Se gorgeant d’amulettes diverses et variées

De cannelle, de clous de girofle et de thés

Ainsi que des friandises écœurantes

Un parfum mêlé de verveine et de safran

S’échappait de cette satanée valise

Une fois revenue de son chemin de Bagdad

La chaleur étouffante mélangée à ces parfums

Une fois la valise ouverte

Provoquait quelque sensation binaire

L’enfermement sensualité à peine

Une main ferme et autoritaire renferma la valise d’un geste sec

Brisant la torpeur douce dans laquelle j’étais plongée

 

01/05/2016

©Bouchra Abdelkahhar

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La promesse

 

 

Cette nuit j’ai rencontré

Par hasard

Un serpent désorienté et désabusé

Comme l’aube après une cuite

J’ai vite perdu sa trace

La nuit je rencontre des êtres désarmants

La nuit je croise de vieux félins

La nuit je dresse mon bestiaire

Cette nuit je l’ai revu

Toujours le même

Superbe et idiot à la fois

Troublant et nimbé de stupre

Ambiguë et tremblant à la fois

Il m’enlaça

Sa peau exhalait un parfum étrange

Enivrée par tant d’espoirs

Il ne m’en laissa aucun

 

12/03/2016

©bouchra abdelkahhar