Le mât

 

 

Les profondeurs les tréfonds

Les marées les lieux communs

Et improbables

Des rencontres sans équivoque

Des rencontres sans lendemain

Des tranches de vie anecdotiques

Un train d’enfer

Un passage à vide

Sous un soleil ardant

Avec un vent piquant

Droite et concentrée

La hune poursuit sa traversée

Menant son navire tremblant

Guidée par sa seule idée

 

18/03/16

©bouchra Abdelkahhar

 

Duel

 

 

Un combat se prépare

Au plus près d’un entre-deux

A l’ambiguïté exacerbée

J’ai lu les règles du jeu

J’ai pris connaissance des conditions

Je suis préparée

Je suis une guerrière

Que rien n’effraie

Pas même ce duel

Qui se profile

Dans un entre-deux

Pas même cette ambigüité exacerbée

Dont je me doute est un stratagème

Pour me déstabiliser

J’ai de l’orgueil

Une arme et mon déterminisme

Je ne cèderai rien

Je ne montrerai rien non plus

Je laisse mon adversaire avancer

J’essaie de l’ignorer

Une force lutte se fatigue et recule

Un combat se prépare

Entre deux

 

10/05/16

©bouchra abdelkahhar

Orages

 

 

La terre gronde

Exhale l’odeur de la pluie

D’où les mots s’organisent

Laissant le verbe haut décoller

 

Avec une infinie délicatesse

La terre gronde

Brisant au passage

Cette torpeur douce

 

Le silence aussi sensuel

Que de fines particules

Inonde la Seine et ses alentours

 

Emportant des sentiments

Aussi contrastés que variés

Comme ce vin fruité

 

J’ai sur mes lèvres son goût si familier

Ce goût qui se mêle à mon esprit vagabond

Donnant toute sa saveur à ces bruits célestes

 

 

14/05/16

©bouchra abdelkahhar

Des animaux fabuleux

 

 

Personne ne me croit

Pourtant je les ai vus

Sous une lumière filtrée Photoshop

Au milieu d’un dédale de câbles et de fils électriques

Des dompteurs occupés faisaient claquer leur fouet

Leurs yeux brillaient

Aussi cinglants que du silex

Essayant de se frayer un passage

Jusque dans l’arène où l’on entendait la clameur de la foule en transe

Les superbes avançaient lentement

Leur fourrure étincelait sous la lumière froide des projecteurs

Leurs yeux scintillaient encore

Cachant les oripeaux d’une détresse lancinante

J’entendais distinctement leur souffle court

Alors qu’ils passaient en procession près de moi

Parmi les fauves j’en remarquai un

Il fuyait les regards et les quolibets

Tremblant et fort à la fois

Maladroit et invincible

Invincible et tremblant

Tremblant mais sensuel

Tenant à peine sur ses pattes

Il hurla à l’assemblée : « je suis indomptable »

 

12/06/2016

©Bouchra Abdelkahhar