Oh ! Toulouse

 

Des foulées plus lentes

Le long des berges de Seine

Celle-ci frise à peine

A mon passage

L’eau est claire

Trouble par endroits

La tessiture de sa voix

Maladroite par endroits

Incroyablement calme

La Seine aujourd’hui

Est étonnement calme

Commence un dialogue

Avec un ton péremptoire

Le Soleil brille

Un peu

Que dis-je !

 

©Bouchra Abdelkahhar

22/05/17

L’exception française

 

Exalté

Contradictoire

Arrogant

La rue des Francs-Bourgeois

Un verre de Brouilly

Au comptoir du Flore

Dans un rad à Pigalle

A deux heures du mat’

Les repas interminables

Les dimanches en famille

La  Normandie

Les engueulades après le gigot

Sur Brigitte et les 35 heures

Les bobos

Les tourlos

Les magasins bios

Le chauffeur de taxi et ses propos polémiques

Mélancolique romantique

Balade son spleen dans les couloirs du métro

Les fromages qui puent

Provincial

Boulevard des Capucines

Gerard Fromanger

Art de vivre

Nique la police

L’art de la rhétorique

La France aux Français

Et ta sœur ?

 

©Bouchra Abdelkahhar

10/05/17

La République

 

 

 On m’oublie parfois
On me néglige souvent
Forgée à l’argile
A la dérive sur un radeau
Puis jetée aux pieds de Zeus
Auquel j’imposais ma puissance
Ma puissance et mes prérogatives
Je devins le bien commun
Par la force de Prométhée
Depuis je suis immortelle

©Bouchra Abdelkahhar
09/05/17

 

L’amant

 

Comme ces étés naissants
Fort et arrogant
Je bats les herbes hautes
Sauvage et nu-pieds
D’une main je replace une ronce
Délicatement dans son endroit
Je l’ai toisé sans mot dire
Dans ces lieux où l’air est vicié
Une énergie idoine se diffuse malgré tout
Entre nos deux êtres troublés
De s’être rencontrés dans ces espaces altérés
Qu’à présent je domine
Il quitte la pièce bruyante
Ne me laissant jamais sans réponse
Il me quitte
Qu’à moitié

©Bouchra Abdelkahhar
07/05/17

 

 

Les deux aveugles

 

Marchant d’un pas leste et souple

Ils se tenaient par la main

Si fort

Qu’on percevait une lueur

Une lueur brillante

Entre les paumes de leurs mains

Chacun prenant soin de l’autre

S’apprêtant à traverser le creux de leur nuit

Dans cette nuit détachée

Ils chuchotaient

J’entendais le bruissement de leur langue

D’où j’étais à l’opposé de leur rame

Bien à eux

Bien à eux étaient leur nuit

Une nuit si douce et si perceptible

Que j’en fus touchée

 

 ©Bouchra Abdelkahhar

04/04/17

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

               

               

Place des Vosges (chanson)

 

Je remonte la rue des Francs-Bourgois
L’air est doux peut-être un peu froid
Place des Vosges
J’y vais, j’y vais, je ne sais plus pourquoi
Je pousse la petite barrière toujours la même
Je m’assoie sur un banc, je regarde
Le spectacle quotidien de la place des Vosges
Un vieux couple toujours le même
Observe et papote sur les couples qui se bécotent
Plus loin une jeune femme donne le biberon à son bébé
Des enfants courent après un ballon
Provocant un tourbillon de sable étoilé
Et mon couple de p’tits vieux se met à râler
Une jeune fille passe devant moi
Elle sourit c’est marrant, des mecs la sifflent
C’est moins marrant
Sur la Place des Vosges
J’y vois la mer et des promesses
Promesses d’une nuit bleutée comme l’étaient tes yeux
Cette fameuse nuit où je t’ai rencontrée
Place des Vosges
J’y vais, j’y vais, je ne sais plus pourquoi
Place des Vosges
J’espère que je ne t’y croiserai plus

 

 

©Bouchra Abdelkahhar

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

My little Europe

 

Le son du clocher de l’église

Au centre du village

Brise à midi la torpeur automnale

Un chien aboie les pattes de devant

Posées sur une barrière un peu bancale

Une nuée d’enfants courent

Courent sans éviter les flaques d’eau

Des flaques qui claquent

Sous les quolibets et les gros mots

Des mots à moitié

A moitié compris

Des mots inventés

Des syllabes mélangées

En javanais imparfait

Et des gros mots en portugais

Et puis en français

Ensuite il y eut la langue turc

Et un verbe trop rapide

Chantant limpide

Comme un thé chaud bien sucré

Soudain un premier baiser

De mon portugais

Vous me suivez !

©Bouchra Abdelkahhar

Ecrit le : 13/03/17

Terre !

 

L’hydre au loin
Je l’ai vue
S’en est allée
Pour de bon
Jette un dernier
Un dernier coup d’œil
Pour le plaisir
Le plaisir
J’ai trouvé une boussole
Un peu rayée sur le dessus
M’indique un chemin là
Tout droit je suis le plan
Je suis le fleuve
Ce confluent
Qui se jette dans l’océan
D’ici j’emprunte cette route
Cette route qui mène
Je ne sais où

 

Ecrit le 20/02/17
©Bouchra Abdelkahhar

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La nuit haute

C’est cette nuit-là

C’est cette nuit-là que j’aime

Que j’aime et que je chéris

Elle me nourrit

Elle me rapproche de ce je ne sais quoi d’éternel

Les hyper nuits sont trop rapides

Les nuits blanches insignifiantes

Les nuits magiques m’ennuient

Mais cette nuit-là

L’éclipse n’ose sans approcher jamais

L’aurore boréale non plus

L’impossible m’enivre de son parfum

Ses vibrations m’exaspèrent quelques fois

M’attirent toujours

Je ne sors que pendant cette nuit-là

Je marche le long de ses berges

J’observe les autres nuits de loin

Loin, je l’ai aimé

Loin, il me semble que lui aussi

 

Ecrit le : 17/02/17

©Bouchra Abdelkahhar

 

L’instant

Le moment présent

Où tout bascule

Comme le monde entier

A la renverse

Se déverse

Et laisse planer le doute

Je cueille tout

Un mot une sensation

Un entre-deux

Une idée partagée

Une émotion échangée

Un propos développé

Un message envoyé

Une phrase inconnue traduite

Un modèle à ne pas suivre

Un verbiage inutile

Le parfum s’évapore le long des berges

J’ai gardé l’essentiel

 

©Bouchra Abdelkahhar

Ecrit le : 18/01/17